L’Art de la guerre – Sun Tzu – S1 E0 – E1

Découvrez ou redécouvrez cet enseignement stratégique écrit 5 siècles avant JC et toujours aussi utile pour affronter la complexité du présent.

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S1 E0 : Avant Propos

Le travail proposé ici est basé sur la traduction française de l’Art de la Guerre de Jean Lévi aux éditions Pluriel. Jean Levi est directeur de recherche au CNRS et grand spécialiste de la Chine. Sa traduction est, pour les initiés, la référence francophone.

Le texte que je propose ici est une entrée dans l’Art de la Guerre. Il est à destination des dirigeants et managers d’entreprises ou d’organisations qui souhaitent découvrir cet ouvrage indispensable à la culture stratégique. Il leur permettra ensuite de continuer leur réflexion avec la lecture du travail original de Jean Levi.

L’Art de la guerre de Sun Tzu est un petit livre d’une quarantaine de pages. Ce général chinois, né cinq siècles avant Jésus Christ, propose un enseignement de la stratégie militaire qu’il organise autour de 13 préceptes.

  • Supputations
  • Les opérations
  • Combattre l’ennemi dans ses plans
  • Les formations militaires
  • Puissance stratégique
  • Vide et plein
  • L’engagement
  • Les neufs retournements
  • L’armée en campagne
  • Le terrain
  • Les neuf sortes de terrain
  • Attaque par le feu
  • L’espionnage

Nous allons aborder ces 13 enseignements de trois façons différentes :

  • La 1ère saison est une synthèse de chacun de ces préceptes sous une forme volontairement simplifiée et édulcorée du style imagé de l’écriture chinoise.
  • La 2ème saison proposera, précepte par précepte, une projection de l’enseignement de Sun Tzu dans le monde du dirigeant ou du manager d’aujourd’hui.
  • La 3ème saison se présentera dans une architecture différente pour une utilisation directe dans le monde professionnel d’aujourd’hui.

Dans cette 1ère saison, les deux personnages centraux de Sun Tzu sont conservés : le Prince et le Général. Le premier est le souverain, le second est à son service. Le Prince est à la tête de la nation, le Général à la tête de l’armée. Le Général est en charge de défendre le territoire ou d’en prendre de nouveaux si son Prince lui en donne l’ordre.

Se défendre ou attaquer était l’activité principale de ces personnages à l’époque de Sun Tzu.

Les 13 préceptes gardent le titre original de la traduction de Jean Lévi ainsi que l’ordre de rédaction. Pour le reste, par soucis de clarté pour mieux découvrir les enseignements de Sun Tzu, la présentation abandonne le style chinois utilisant une écriture très imagée et symbolique.

S1 E1 : Supputations

« Il m’est possible de prévoir à coup sûr l’issue du combat ».

Ici le mot supputation est à comprendre comme la nécessité d’estimer au mieux les forces et faiblesses en présence. Cette évaluation doit se faire tant sur sa propre armée que sur celle de l’adversaire.

Dans ce premier précepte, Sun Tzu pose les bases lui permettant de prévoir l’issue du combat, que ce soit la victoire ou la défaite. Pour cela il enseigne cinq fondamentaux que le Général doit maîtriser pour emporter la victoire :

  • La vertu : il faut comprendre ici la morale, les valeurs, les règles qui animent le pays, son armée, sa collectivité. Ce sont les éléments qui permettent de s’assurer que le Général sera soutenu, ou pas, jusqu’au bout de son action.
  • Le climat : cette composante était très importante cinq siècles avant JC où un hiver rude entamant les récoltes pouvait faire renoncer le Général à attaquer faute de nourriture en réserve pour les soldats.
  • La topographie : montagne ou plaine, désert ou marécage, forêt ou culture, la bataille ne s’envisage pas de la même façon et l’utilisation des cavaliers ou des fantassins sera différente. Le soutien aux forces doit aussi s’adapter à l’environnement de la bataille.
  • Le commandement : Sun Tzu parle ici des qualités que doit porter le Général. Il doit être perspicace, impartial, humain, déterminé, et sévère.
  • L’organisation : l’idée regroupe ici les règles de fonctionnement qui permettent de « manœuvrer la multitude » telle que la discipline, la hiérarchie et la logistique.

Une fois ce travail d’évaluation réalisé, Sun Tzu préconise de chercher les moyens de se créer un avantage par rapport à l’adversaire.  C’est là qu’il introduit l’une de ses idées la plus partagée : le mensonge, « capable, passez pour incapable », la duperie, « attirez l’adversaire par la promesse d’un avantage », et plus largement ce que nous pourrions appeler l’intelligence tactique « s’il est uni, provoquez la discorde ».

Évaluer (supputer), les forces et les faiblesses de son armée sur chacun de ces points et les comparer à celles de l’adversaire permet de déterminer « à coup sûr » qui sera vainqueur, et donc de décider de mener ou pas la bataille. Si la conclusion de l’étude est la défaite ou des risques importants, il est encore temps de chercher d’autres stratégies ou tactiques.

Ces supputations doivent être réalisées en amont de la bataille, au calme au sein du « temple ancestral ». Plus le nombre d’avantages identifiés pour chacun de ces fondamentaux sera important, plus la victoire sera certaine.

Sun Tzu ne veut mener que les batailles qu’il est certain de gagner.

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