A lire… L’Art de la sûreté

Je vous recommande la lecture de l’Art de la sûreté de Jean-Jacques Richard édité chez Haxx. C’est un ouvrage pragmatique déroulant d’une grande expérience et d’une logique d’ordre scientifique.

Son auteur est un professionnel de la sûreté. Son expérience riche et variée a été acquise au sein de différentes entreprises confrontées à de nombreux risques liés à leur environnement ou leur métier. Il nous propose une approche globale pour que la sûreté soit abordée de façon pragmatique, structurée et surtout utile. Dans son esprit, il s’agit bien de faire face aux risques et menaces d’aujourd’hui, de plus en plus nombreux et complexes aux conséquences souvent désastreuses.

La rédaction de l’ouvrage est très pédagogique et passe en revue 15 principes. Elle évite l’écueil du coté abscons d’une technicité perchée. Les nombreux exemples utilisés sont connus de tous et permettent une bonne illustration de chacun des thèmes abordés.

Si je me réfère à ma propre expérience, je ne vois pas un thème important qui aurait été oublié. Terrorisme, petite ou grande délinquance, cyber attaque, désinformation ou campagne de déstabilisation, espionnage industriel et crise en tout genre, le spectre abordé est large et complet.

Un professionnel de la sûreté y trouvera matière à revoir ses habitudes et se projeter dans les nouveaux risques ou les zones d’ombre de son dispositif. Un cadre plus junior sera aidé par les définitions, arguments et process de réflexion qui sont proposés au fil des pages.

Un dirigeant qui ne veut pas se réveiller avec un gros mal de tête un lendemain de crise pourra, même avec une lecture rapide, visualiser les éléments clés qu’il doit avoir en tête pour assurer la sûreté de son organisation. Une heure de lecture pour s’éviter une catastrophe, l’investissement est assurément rentable. 

L’ouvrage n’est en rien politique et l’approche froide du sujet par son auteur en augmente la légitimité. C’est pour cela que nos politiques de tout bord, à la lumière des derniers événements et de certaines décisions étonnantes comme la fermeture de l’INHESJ, devraient bien passer un peu de temps à sa lecture.

Au moment où il faudrait avancer concrètement dans une logique de continuum, la sûreté, autre que publique, mériterait un travail normatif au même titre que celui existant et efficace que l’on connaît dans le domaine de la sécurité. Ce livre propose une architecture et une globalité de l’approche très intéressante dans ce contexte.